Tourments. Fissures. Le sentiment que la vie n'a qu'une seule face et qu'elle est sombre.
Ainsi l'ennui. Comme si une sorte de grisaille s'était déposé sur les êtres et les choses, avait tout envahi. L'impossibilité de participer. De t'interesser à toi-même et à ce que sera ton avenir. Il t'apparait ô combien vaint de travailler, de lutter, de faire tant d'efforts, puisque la mort pourrait t'abattre d'une seconde à l'autre et que tout pour toi s'effondrera un jour.
Ainsi la solitude. Cette irruption d'angoisse. Désormais tu ne peux plus compter que sur toi-même et tu te sens perdu.
Ainsi les humiliations. Des injures et des menaces qui créent des ravages. Ce besoin chez telle personne de blesser, d'écraser, de t'atteindre au plus profond, de lacérer ton être, de plonger la lame à l'intime de ta pulpe. Après, pendant des jours, la blessure saigne, tu ne peux penser a rien d'autre, es incapable de parler. Une blessure qui te souille, t'avilit, et qui, en te dépouillant de ta dignité, t'a persuadé que tu étais un minable.
Ainsi les coups de cafard. Des éboulements à l'interieur de l'être. Rien ne semble plus possible. Une seule issue : rennoncer, déposer les armes. Ces jours où tu broies du noir. Où hébété de souffrance tu ne comprends rien à rien.
Ainsi les révoltes. Mais des révoltes étouffées. Car tu as très tôt compris que si tu te dressais pour dire non, tu serais brisé, et que ta vie ne serait qu'une infernale descente aux enfers. Des révoltes qui vont jusqu'a te donner des envies de meurtres, mais que tu réprimes avec violence de peur qu'un jour elles ne te poussent à commettre un acte inconsidéré. Puis, quand le calme revient, ce désir de fuite, de partir loin, de marcher sans fin sur les routes...
Pourquoi avez-vous labouré le mal?